21.10.07

Ségolène Royal se refuse à une "opposition frontale à tout propos"

Ségolène Royal n'est "pas en hibernation", mais veut utiliser sa "voix avec circonspection". L'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle refuse le choix d'une "opposition frontale à tout propos" dans un entretien publié lundi dans "Libération".

Affirmant qu'elle n'a pas "pris (sa) décision" concernant une éventuelle candidature à la tête du PS, elle précise que "cela viendra le moment venu". "A partir du moment où je ne quitte pas la politique, on ne peut pas faire de la politique sans parti", ajoute-t-elle cependant. "J'observe ce qui se passe, mais je ne veux pas me placer dans des logiques de conflits internes".

Elle reconnaît que cette attente est "un peu déstabilisante" pour son entourage qui "se demande pourquoi (elle) ne repart pas sabre au clair". "Je leur explique que la politique est faite d'étapes. Et qu'il ne faut pas que je me laisse happer par le système".

Interrogée sur le temps que prendra sa réflexion, elle assure qu'elle n'est "pas en hibernation". "Je travaille avec d'autres, j'accepte les invitations à l'international et je me bats pour ma région. C'est essentiel. Et je mettrai ce travail au service du collectif", affirme Ségolène Royal.

Elle se refuse en outre à "commenter le moindre fait et geste du président" car "il faudrait pour cela passer toute la journée devant la télévision, ou presque". "Je dois utiliser ma voix avec circonspection, quand je le sens utile au débat démocratique. Cela ne sert à rien de mener une opposition frontale, à tout propos", lance-t-elle.

"Ce qui me frappe", ajoute Ségolène Royal au sujet de son ancien adversaire, "c'est le contraste entre le discours, le changement de style, et, au fond, un grand archaïsme dans la façon de procéder". Elle constate que "le pouvoir actuel est très proche des puissances d'argent, du Medef" et qu'"on ne parle ni d'éducation, ni d'innovation, ni de PME, ni de modernisation économique".

Sollicitée sur sa réaction après le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy, elle réplique que "les grands événements de ces derniers jours, c'est malheureusement la journée de la misère et les mouvements d'inquiétude justifiée sur le front social". AP