« Redonnons sens au mot fraternité » nous dit notre Président à l'occasion de ses vœux aux Français. Vous comprendrez pourquoi, ça me fait aussitôt penser à Ségolène Royal, vous savez la dame qui nous a tant amusé quand elle a dédié, naguère, un grand rassemblement à ce thème.
Vous l'avez sûrement remarqué, depuis quelques semaines, on ne se gausse plus de Ségolène Royal. En tout cas nettement moins. Depuis 2006, on avait pris l'habitude d'une forme de basse continue dans ce pays, tissée de plaisanteries, d'anecdotes, de récits de « gaffes », de plus ou moins bon goût et, surtout, de plus ou moins bonne foi. Et puis là, depuis quelque temps plus rien. On sait pourquoi. En fait, c'est encore pire, c'est parce qu'on ne dit plus grand chose de Ségolène Royal. Ni en bien, ni en mal. Elle n'a pas la cote. Elle arrive même en tête des personnalités qui ont le plus pâti de l'année 2009 selon les Français ! Depuis sa « passe d'armes » avec Vincent Peillon, elle est « débuzzée ». J'espère pour elle qu'elle n'est pas désabusée. Peut-être est-ce le moment de lui rendre, un peu, justice.
Il en va ainsi des mœurs de notre politique. Du statut de star à celui d'anonyme (ou presque) le chemin est d'une brièveté saisissante. Les feux de la rampe grillent plus de gens qu'ils n'en propulsent au firmament de la popularité. Je ne suis pas sûr, bien que j'aie contribué à animer sa campagne présidentielle dans ma région, que Ségolène méritât à l'époque le vedetariat dont elle jouissait. Les unes des journaux et magazines (politiques, glamour, people) ne connaissaient qu'elle. Et pourtant, son « book » était bien mince : un ministère de l'environnement sous Bérégovoy, un ministère délégué à l'Education sous Jospin, une présidence de région, quelques vagues concepts énoncés constituaient tout le bagage de la coqueluche médiatique de l'époque.
Je suis encore moins sûr qu'elle mérite le silence d'aujourd'hui. Pour des raisons évidemment inverses : je trouve que son « book » s'est sérieusement épaissi.
Commençons par le début : sa campagne présidentielle de 2007. Bon. Comme on sait la fin, on a tendance à gommer le chemin qui a conduit à un échec. On a tort. Il y avait de belles pépites sur ce chemin et le fait que les Français, à ce moment-là, n'en aient pas voulu ne les rend pas moins éclatantes ! Je n'en cite que trois :
- Rénover le Parti Socialiste par exemple, son fonctionnement et sa philosophie (on disait, chez les ségolénistes, son « logiciel »). Pas mauvaise idée non, si on en juge par les errements dudit parti depuis ? Connaissez-vous aujourd'hui un seul socialiste qui ne dise la même chose ? Même les « gardiens du Temple » sont convertis à la rénovation radicale, les mêmes qui dénonçaient alors le « Feu sur le Quartier-Général » de SR !
- Ouvrir le débat démocratique à la participation populaire. On a aimé... en Amérique, quand Obama l'a fait ! Et aujourd'hui, pas un commentateur de la vie politique qui ne s'afflige de la phagocytation de l'exercice politique par le pouvoir sarkozyste. Même le Premier Ministre est un fantôme !
- Rendre à la Gauche les valeurs qu'elle avait, au moins depuis 1968, abandonnées au profit d'un angélisme béat et anti autoritaire : la Nation, la Patrie, l'autorité, l'ordre, la puissance publique. Cela nous aurait peut-être évité le désastre d'un faux débat sur l'identité nationale et la communautarisation accélérée de notre tissu social (voir l'interview d'Emmanuel Todd dans « Le Monde » du 26 décembre sur « l'ethnicisation » du débat social).
Et puis un mot sur l'élection présidentielle même. Dans une France crispée dans ses peurs, dévorée par l'angoisse de l'emploi, du revenu et de l'insécurité, plus à droite qu'elle n'avait jamais été, Ségolène Royal a « fait » 17 millions de voix. Pas si mal. Je sais, il s'est bien trouvé des « y'a qu'à » pour dire, contre toute raison, que cette élection était « im-per-da-ble » pour la Gauche. On se demande s'ils vivaient dans le même pays que nous, voire sur la même planète. Je pense que cette élection était in-ga-gna-ble, et pourtant, Ségolène a fait un score très honorable. Ma cruauté naturelle m'oblige à rappeler qu'en tout cas c'était mieux que Jospin 5 ans avant (il paraît qu'il le reconnaît enfin pleinement !)
Enfin, depuis 2 ans, ce qu'elle fait ne me semble pas si mal. La Présidente de région est reconnue pour ses compétences, elle a failli gagner la direction du PS (et, de nouveau, ma cruauté naturelle me pousse à dire qu'elle a gagné vraiment la direction du PS !) et elle voit, peu à peu, toutes ses « intuitions » politiques récupérées, l'une après l 'autre, par ses (nos) « camarades » et même au-delà !
Voilà. Ce n'est pas forcément un hommage « posthume ». C'est une femme « debout » dit-elle, elle a l'énergie pour rebondir, peut-être très bientôt. Mais, quoi qu'il en soit, il m'a semblé sain de rendre à Ségolène un bout de ce qui est à Ségolène.
5.1.10
La politique par la preuve : Heuliez, Taxe Carbone
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la poilitique par la preuve

Le conseil constitutionnel vient de retoquer la mesure phare du budget 2010 de Nicolas Sarkozy. Les Sages ont estimé que la loi prévoyait trop d'exemptions et créait une inégalité face à l'impôt.
Rappelons qu'elle avait soulevé d'importantes contestations de Ségolène Royal qui avait lancé l'offensive à la Rochelle cet été contre un impôt "injuste", "historiquement décalé", "insupportable" qui va "assommer" des familles n'ayant "pas le libre choix de rouler propre". Peu l'avait suivie à l'époque, à commencer par Noël Mamère qui avait voulu montrer sa compétence en la matière en déclarant "Ségolène Royal est une irresponsable pour des raisons démagogiques et populistes"... Chacun appréciera aujourd'hui...
La Présidente de Poitou-Charentes a salué "une bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français et contre la pression fiscale intolérable exercée par le gouvernement".
Cette position du Conseil Constitutionnel souligne aussi - une fois de plus - l'amateurisme du gouvernement UMP et de Nicolas Sarkozy. A moins que ce ne soit les conseillers qui soient en cause, au premier rang desquels le très célèbre et très compétent Alain Minc...
31.3.09
30.3.09
Ségolène Royal galvanise les troupes de Désirs d'avenir
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yes we can
Ségolène Royal a galvanisé samedi les troupes de Désirs d'avenir, les exhortant à se "faire respecter" au sein du PS, fustigeant les "oiseaux de proie" de l'économie française et exaltant les valeurs de fraternité, en présence d'un Régis Debray conquis.
Dans un théâtre Dejazet plein, quelque 800 "fans" ont accueilli avec enthousiasme l'ex-candidate à la présidentielle, vedette de l'assemblée générale de l'association, relancée à cette occasion.
Applaudissements, salle debout scandant "Ségolène présidente", la présidente de Poitou-Charentes, long pull-tunique blanc, a souri du "grand nombre" de ses "chers amis" qui ont ri, songeant au récent flop de Martine Aubry, patronne du PS au Zénith sur les libertés. Sur scène, l'entouraient une vingtaine d'adhérents et ses fidèles lieutenants Jean-Louis Bianco et Dominique Bertinotti.
Tête de pont de l'ambition présidentielle de Mme Royal pour 2012, D.A. revendique quelque 9.000 adhérents. Mais vis-à-vis du PS, "pas de compétition entre nous! c'est la même maison", a recommandé son président l'avocat Jean-Pierre Mignard.
Et la présidente de Poitou-Charentes d'exhorter: "Soyez ouverts, soyez exemplaires, faites vous respecter vous et vos idées sans état d'âme mais sans vous perdre dans les jeux d'appareil stériles".
Pour elle, D.A n'est "pas un courant, encore moins un sous-courant", mais "un mouvement ouvert", "espace de réflexion et d'éducation populaire", "catalyseur d'idées", "vecteur de la démocratie qui s'enracine dans l'histoire de la gauche, sans tabou".
D.A. tiendra sa première "université populaire" sur la "fraternité", le 29 avril. Est prévu également un "Forum social" de la fraternité à Montpellier fin septembre.
Rappelant le "contexte social extrêmement tendu", Mme Royal a fustigé bonus et parachutes dorés de ces "délinquants très riches, ces oiseaux de proie" pouvant "compter sur la mollesse d'un pouvoir complice qui se la joue ferme dans ses discours mais tellement sans courage dans les actes".
Pour elle, "tout un pays (est) tendu vers une soif de justice sociale, révulsé par des comportements prédateurs, une sorte de délinquance des plus riches", alors que la "fraternité devrait être un principe de tout gouvernement".
Hommage également au leader guadeloupéen du LKP, Elie Domota: "sans lui, ce mouvement social aurait pu basculer dans le sang".
Et parce qu'elle a entendu que "le people et le glamour, ça ne suffit pas et --que malgré les apparences, c'est également ma conviction-- nous avons invité Régis pour réfléchir", a-t-elle malicieusement glissé.
Le philosophe Régis Debray, auteur d'un récent essai "Fraternité!", a salué celle qui "a su donner une nouvelle jeunesse à un mot oublié, un mot refoulé", "presque incongru". "Tu l'as remis à la mode", "redonné de la chair et du sang", a-t-il lancé, en allusion à sa fête controversée de la fraternité au Zénith en septembre 2008.
L'ancien conseiller de François Mitterrand s'est taillé un beau succès, jugeant que fraternité "ne fait pas partie du vocabulaire du chef de l'Etat", car "il n'appartient pas à la mode libérale anglo-saxonne" ou lançant "Tout est fait pour l'egosystème ou le tout à l'ego".
"Le refus, donc le combat, le projet, donc le programme, l'organisation, donc la discipline, le réseau, l'agir ensemble. Cette chaîne-là, elle a de l'avenir. Vous avez pris de l'avance et vous avez bien fait!", a-t-il conclu, ovationné.
Dans un théâtre Dejazet plein, quelque 800 "fans" ont accueilli avec enthousiasme l'ex-candidate à la présidentielle, vedette de l'assemblée générale de l'association, relancée à cette occasion.
Applaudissements, salle debout scandant "Ségolène présidente", la présidente de Poitou-Charentes, long pull-tunique blanc, a souri du "grand nombre" de ses "chers amis" qui ont ri, songeant au récent flop de Martine Aubry, patronne du PS au Zénith sur les libertés. Sur scène, l'entouraient une vingtaine d'adhérents et ses fidèles lieutenants Jean-Louis Bianco et Dominique Bertinotti.
Tête de pont de l'ambition présidentielle de Mme Royal pour 2012, D.A. revendique quelque 9.000 adhérents. Mais vis-à-vis du PS, "pas de compétition entre nous! c'est la même maison", a recommandé son président l'avocat Jean-Pierre Mignard.
Et la présidente de Poitou-Charentes d'exhorter: "Soyez ouverts, soyez exemplaires, faites vous respecter vous et vos idées sans état d'âme mais sans vous perdre dans les jeux d'appareil stériles".
Pour elle, D.A n'est "pas un courant, encore moins un sous-courant", mais "un mouvement ouvert", "espace de réflexion et d'éducation populaire", "catalyseur d'idées", "vecteur de la démocratie qui s'enracine dans l'histoire de la gauche, sans tabou".
D.A. tiendra sa première "université populaire" sur la "fraternité", le 29 avril. Est prévu également un "Forum social" de la fraternité à Montpellier fin septembre.
Rappelant le "contexte social extrêmement tendu", Mme Royal a fustigé bonus et parachutes dorés de ces "délinquants très riches, ces oiseaux de proie" pouvant "compter sur la mollesse d'un pouvoir complice qui se la joue ferme dans ses discours mais tellement sans courage dans les actes".
Pour elle, "tout un pays (est) tendu vers une soif de justice sociale, révulsé par des comportements prédateurs, une sorte de délinquance des plus riches", alors que la "fraternité devrait être un principe de tout gouvernement".
Hommage également au leader guadeloupéen du LKP, Elie Domota: "sans lui, ce mouvement social aurait pu basculer dans le sang".
Et parce qu'elle a entendu que "le people et le glamour, ça ne suffit pas et --que malgré les apparences, c'est également ma conviction-- nous avons invité Régis pour réfléchir", a-t-elle malicieusement glissé.
Le philosophe Régis Debray, auteur d'un récent essai "Fraternité!", a salué celle qui "a su donner une nouvelle jeunesse à un mot oublié, un mot refoulé", "presque incongru". "Tu l'as remis à la mode", "redonné de la chair et du sang", a-t-il lancé, en allusion à sa fête controversée de la fraternité au Zénith en septembre 2008.
L'ancien conseiller de François Mitterrand s'est taillé un beau succès, jugeant que fraternité "ne fait pas partie du vocabulaire du chef de l'Etat", car "il n'appartient pas à la mode libérale anglo-saxonne" ou lançant "Tout est fait pour l'egosystème ou le tout à l'ego".
"Le refus, donc le combat, le projet, donc le programme, l'organisation, donc la discipline, le réseau, l'agir ensemble. Cette chaîne-là, elle a de l'avenir. Vous avez pris de l'avance et vous avez bien fait!", a-t-il conclu, ovationné.
Primaires ouvertes: les sympathisants PS votent pour...Ségolène!
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yes she can
Voilà un résultat qui occasionne nettement moins de contestation que le deuxième tour du vote pour le premier secrétariat du parti, au terme du congrès de Reims...
Selon un sondage à paraître ce mardi dans Libé, sympathisants socialistes et de gauche se prononcent massivement en faveur de primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS à la prochaine présidentielle. A hauteur, respectivement, de 66% et 63%. L'opinion des Français en général y est aussi favorable, quoique dans de moindres proportions (57%).
Pour les sondés, les primaires ouvertes seraient d'abord "démocratiques" (77%), "modernes" (72%) et donneraient "plus de chances au candidat désigné" (67%). Côté objections, elles se révèleraient "difficiles à mettre en place" (53%) et délicates "à organiser" (50%).
Au delà du PS, l'idée de primaires ouvertes pour désigner un candidat unique de toute la gauche est plébiscitée, puisque 66% des Français y sont favorables. Un score qui monte jusqu'à 75% chez les sympathisants de gauche et socialistes...
Les principaux ténors ont également été testés:
DSK demeure en tête chez les Français (28%) mais pas chez les sympathisants PS (21%) et de gauche (19%). Ségolène Royal est en pole position chez les sympathisants de gauche (25%) et les sympathisants socialistes (26%), mais en deuxième position (18%) sur l'ensemble des Français. Quant à Martine Aubry, elle figure en troisième position chez les Français (14%) comme chez les sympathisants de gauche (19%) et PS (20%). Derrière, et dans l'ordre décroissant on trouve Bertrand Delanoë, Benoit Hamon, Laurent Fabius et enfin François Hollande. De quoi faire réfléchir les uns et les autres sur l'opportunité, justement, de primaires ouvertes...
De fait, d'Arnaud Montebourg, qui est un fervent partisan des primaires ouvertes, à Daniel Vaillant, qui y voit "la mort du PS", nombreuses et variées sont les positions socialistes quant à la façon d'organiser la désignation du candidat pour 2012.
Ils voteront pour qui les sympathisants de gauche à votre avis?
Selon un sondage à paraître ce mardi dans Libé, sympathisants socialistes et de gauche se prononcent massivement en faveur de primaires ouvertes pour désigner le candidat du PS à la prochaine présidentielle. A hauteur, respectivement, de 66% et 63%. L'opinion des Français en général y est aussi favorable, quoique dans de moindres proportions (57%).
Pour les sondés, les primaires ouvertes seraient d'abord "démocratiques" (77%), "modernes" (72%) et donneraient "plus de chances au candidat désigné" (67%). Côté objections, elles se révèleraient "difficiles à mettre en place" (53%) et délicates "à organiser" (50%).
Au delà du PS, l'idée de primaires ouvertes pour désigner un candidat unique de toute la gauche est plébiscitée, puisque 66% des Français y sont favorables. Un score qui monte jusqu'à 75% chez les sympathisants de gauche et socialistes...
Les principaux ténors ont également été testés:
DSK demeure en tête chez les Français (28%) mais pas chez les sympathisants PS (21%) et de gauche (19%). Ségolène Royal est en pole position chez les sympathisants de gauche (25%) et les sympathisants socialistes (26%), mais en deuxième position (18%) sur l'ensemble des Français. Quant à Martine Aubry, elle figure en troisième position chez les Français (14%) comme chez les sympathisants de gauche (19%) et PS (20%). Derrière, et dans l'ordre décroissant on trouve Bertrand Delanoë, Benoit Hamon, Laurent Fabius et enfin François Hollande. De quoi faire réfléchir les uns et les autres sur l'opportunité, justement, de primaires ouvertes...
De fait, d'Arnaud Montebourg, qui est un fervent partisan des primaires ouvertes, à Daniel Vaillant, qui y voit "la mort du PS", nombreuses et variées sont les positions socialistes quant à la façon d'organiser la désignation du candidat pour 2012.
Ils voteront pour qui les sympathisants de gauche à votre avis?
L'effet Belphégor, Jacques Julliard, Le Nouvel Observateur
Il est vrai que Ségolène n'a pas la culture du parti : et si c'était là le secret de sa popularité ?
Fabius et Jospin, Aubry et Delanoë, Hollande et Strauss-Kahn, Rocard et Lang, Hamon et Montebourg, tous unis, tous réconciliés ! Une seule cible ! Qui donc disait que Ségolène Royal divisait le Parti socialiste ? Elle a réalisé ce miracle de leur faire oublier leurs querelles au profit d'un seul objectif : l'abattre.
A un détail près : c'est que le troupeau des éléphants, toutes tendances confondues, les rouges, les roses, les blancs, ne pèse plus désormais que la moitié du parti. La gagnante, ou plutôt celle qui s'est d'emblée proclamée telle, était assurée de 50% au premier tour grâce au désistement de Delanoë : elle n'en obtint que 35%; et de 69% au second, grâce à Hamon : elle n'en réunit que 50%. Le cartel des notables n'a fait que l'affaiblir. Ces figures réunies, loin de rassurer, ont suscité l'effroi. C'est l'effet Belphégor !
Feu sur le QG !
On a fait justement observer que Ségolène Royal est la contemporaine de ses concurrents; qu'elle a près de trente ans de vie politique derrière elle, même s'il n'y paraît pas. Seulement, les gens ne sont pas si bêtes. Ce qui compte à leurs yeux n'est pas l'ancienneté dans le parti mais l'ancienneté dans la tête. Comme tous les grands non conformistes, Ségolène a mis comme premier point à son programme : feu sur le quartier général ! Les gens se sont dit que quelqu'un qui déteste à ce point les éléphants - et qui est à ce point détesté par eux - ne pouvait être entièrement mauvais. Il est vrai qu'elle n'a pas la culture du parti, ne parle pas comme le parti, ne s'habille pas comme au parti : et si c'était là le secret de sa popularité ?
Qu'est-ce que les «néos» ?
On se condamnerait à ne rien comprendre à ce qui se passe actuellement au Parti socialiste si l'on voulait ramener ce grand remaniement à un face-à-face gauche/droite : ces guerres de position font désormais sourire les populations. On se rapprocherait davantage de la vérité en évoquant le combat des anciens et des modernes : parlementaristes contre présidentialistes. Mais au fait qui a le plus, après Mitterrand, présidentialisé le parti ? C'est Lionel Jospin qui, en 2001, a inversé les dates de la présidentielle et des législatives au profit de la première; c'est lui encore qui a fait décider la désignation du premier secrétaire du parti au suffrage universel des militants. C'est pourtant le même qui, à propos de Ségolène et de ses amis, a évoqué les «néos» de l'avant-guerre, qui ont si mal fini - entendez dans le nazisme. Rapprocher, fût-ce par sous-entendu, Ségolène Royal de Marcel Déat est indigne. Il a beau la détester, à la place de Lionel, j'enverrais des excuses et des fleurs à Ségolène.
L'hallali des éléphants
Un tel dérapage en dit long sur le degré d'exaspération des caciques. C'est pourquoi le vrai critère pour caractériser la situation actuelle n'est pas politique - l'affrontement gauche/droite - ni même temporel - les anciens contre les modernes -, mais anthropologique. Ce n'est pas à Marx ni même à René Rémond qu'il faut se référer, mais plutôt à René Girard et à sa théorie du sacrifice. Dans cette optique, l'immolation de la victime expiatoire - Ségolène Royal s'est déjà fait photographier avec un agneau dans les bras ! - vise à assurer la cohésion de la tribu et la régénération de ses membres. Il y a, dans l'hallali des éléphants, quelque chose des «Chasses du comte Zaroff», le célèbre film américain d'avant-guerre, où le gibier de la chasse à courre n'est pas un cerf mais un homme. Alors, à plus forte raison, une femme ! Dans ces conditions, de quel côté en définitive y a-t-il le plus d'irrationnel ?
Trop de magouille tue la magouille
Contrairement à la plupart des voix qui s'élèvent, je ne trouve pas que l'étalage public des malversations dues au système du caïdat, qui caractérise la vie interne du PS depuis plus d'un demi-siècle, soit déplorable. Au contraire. Seule une grande crise cathartique comme celle que nous vivons avait quelque chance de débarrasser le principal parti de la gauche des impostures et des mensonges. Cette égalité des suffrages, fruit d'un hasard malicieux, doit être regardée comme un signe du destin. Au sortir du congrès l'autre semaine, un observateur et acteur de la chose socialiste s'interrogeait à voix haute : «Et si Reims avait été notre dernier congrès socialiste ?»
Dans ces conditions, la tâche de Ségolène Royal n'est pas terminée, loin de là. On aura compris que je la considère, depuis le début, comme le fléau de la gauche démocratique, un fléau devenu nécessaire à son salut. Dans cette crise éprouvante où elle a servi de cible, elle a manifesté une résistance nerveuse incroyable. C'est peut-être la qualité primordiale du responsable politique. Yes, she can !
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
Fabius et Jospin, Aubry et Delanoë, Hollande et Strauss-Kahn, Rocard et Lang, Hamon et Montebourg, tous unis, tous réconciliés ! Une seule cible ! Qui donc disait que Ségolène Royal divisait le Parti socialiste ? Elle a réalisé ce miracle de leur faire oublier leurs querelles au profit d'un seul objectif : l'abattre.
A un détail près : c'est que le troupeau des éléphants, toutes tendances confondues, les rouges, les roses, les blancs, ne pèse plus désormais que la moitié du parti. La gagnante, ou plutôt celle qui s'est d'emblée proclamée telle, était assurée de 50% au premier tour grâce au désistement de Delanoë : elle n'en obtint que 35%; et de 69% au second, grâce à Hamon : elle n'en réunit que 50%. Le cartel des notables n'a fait que l'affaiblir. Ces figures réunies, loin de rassurer, ont suscité l'effroi. C'est l'effet Belphégor !
Feu sur le QG !
On a fait justement observer que Ségolène Royal est la contemporaine de ses concurrents; qu'elle a près de trente ans de vie politique derrière elle, même s'il n'y paraît pas. Seulement, les gens ne sont pas si bêtes. Ce qui compte à leurs yeux n'est pas l'ancienneté dans le parti mais l'ancienneté dans la tête. Comme tous les grands non conformistes, Ségolène a mis comme premier point à son programme : feu sur le quartier général ! Les gens se sont dit que quelqu'un qui déteste à ce point les éléphants - et qui est à ce point détesté par eux - ne pouvait être entièrement mauvais. Il est vrai qu'elle n'a pas la culture du parti, ne parle pas comme le parti, ne s'habille pas comme au parti : et si c'était là le secret de sa popularité ?
Qu'est-ce que les «néos» ?
On se condamnerait à ne rien comprendre à ce qui se passe actuellement au Parti socialiste si l'on voulait ramener ce grand remaniement à un face-à-face gauche/droite : ces guerres de position font désormais sourire les populations. On se rapprocherait davantage de la vérité en évoquant le combat des anciens et des modernes : parlementaristes contre présidentialistes. Mais au fait qui a le plus, après Mitterrand, présidentialisé le parti ? C'est Lionel Jospin qui, en 2001, a inversé les dates de la présidentielle et des législatives au profit de la première; c'est lui encore qui a fait décider la désignation du premier secrétaire du parti au suffrage universel des militants. C'est pourtant le même qui, à propos de Ségolène et de ses amis, a évoqué les «néos» de l'avant-guerre, qui ont si mal fini - entendez dans le nazisme. Rapprocher, fût-ce par sous-entendu, Ségolène Royal de Marcel Déat est indigne. Il a beau la détester, à la place de Lionel, j'enverrais des excuses et des fleurs à Ségolène.
L'hallali des éléphants
Un tel dérapage en dit long sur le degré d'exaspération des caciques. C'est pourquoi le vrai critère pour caractériser la situation actuelle n'est pas politique - l'affrontement gauche/droite - ni même temporel - les anciens contre les modernes -, mais anthropologique. Ce n'est pas à Marx ni même à René Rémond qu'il faut se référer, mais plutôt à René Girard et à sa théorie du sacrifice. Dans cette optique, l'immolation de la victime expiatoire - Ségolène Royal s'est déjà fait photographier avec un agneau dans les bras ! - vise à assurer la cohésion de la tribu et la régénération de ses membres. Il y a, dans l'hallali des éléphants, quelque chose des «Chasses du comte Zaroff», le célèbre film américain d'avant-guerre, où le gibier de la chasse à courre n'est pas un cerf mais un homme. Alors, à plus forte raison, une femme ! Dans ces conditions, de quel côté en définitive y a-t-il le plus d'irrationnel ?
Trop de magouille tue la magouille
Contrairement à la plupart des voix qui s'élèvent, je ne trouve pas que l'étalage public des malversations dues au système du caïdat, qui caractérise la vie interne du PS depuis plus d'un demi-siècle, soit déplorable. Au contraire. Seule une grande crise cathartique comme celle que nous vivons avait quelque chance de débarrasser le principal parti de la gauche des impostures et des mensonges. Cette égalité des suffrages, fruit d'un hasard malicieux, doit être regardée comme un signe du destin. Au sortir du congrès l'autre semaine, un observateur et acteur de la chose socialiste s'interrogeait à voix haute : «Et si Reims avait été notre dernier congrès socialiste ?»
Dans ces conditions, la tâche de Ségolène Royal n'est pas terminée, loin de là. On aura compris que je la considère, depuis le début, comme le fléau de la gauche démocratique, un fléau devenu nécessaire à son salut. Dans cette crise éprouvante où elle a servi de cible, elle a manifesté une résistance nerveuse incroyable. C'est peut-être la qualité primordiale du responsable politique. Yes, she can !
Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur
27.12.08
Hamon aboie, notre caravane continue sa route.
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le poison de la division
Je dirai à Benoît Hamon, éminent représentant d'une petite minorité du PS que :
1/L'unité du parti est de la responsabilité de l'équipe dirigeante qui a confisqué l'appareil du PS à son seul profit et pour le bénéfice d'arrières-gardes antagonistes usées jusqu'à la ficelle.
2/La motion E est majoritaire à la proportionnelle des courants, homogène et représente à elle seule la moitié au moins des adhérents du PS, ce qui en fait de facto la première force du parti socialiste.
3/Mettre de côté la moitié du PS en l'écartant de la direction dans des simulacres de discussion sur une plateforme indigente est inadmissible et dangereux et empêche le PS de procéder à des évolutions tout à fait indispensables.
4/Nous disons que quand la règle est mauvaise, il faut la changer! C'est le contraire qui se produit : Le rafistolage circonstanciel d'écuries moribondes décidées à vérouiller leur pouvoir autour d'un appareil épuisé.
5/ Ce dont il s'agit aujourd'hui, c'est d'ouvrir le PS aux forces du renouveau en son sein et à la société française dans toutes ses composantes, partis, associations, intellectuels, lieux d'expertise et d'échanges citoyens.
6/ L'aveuglement politique de cette direction à la vision étroite, auto-centrée et agressive est le signe d'une faiblesse frileuse et inquiétante qui réduit le parti socialiste à son expression la plus archaïque, le condamne à la division des vaincus d'hier, peu soucieux de la démocratie dans ce parti comme il l'ont prouvé dans le passé récent.
7/ Nous ne (nous) laisserons pas faire. L'histoire est en marche aussi dans ce vieux parti, nous le ferons avancer en écartant les murs et en poussant cet attelage fatigué avec les forces qui ne manquent pas à l'extérieur, des altermondialistes au républicains sociaux qui voudront converger et nous rejoindre pour faire gagner les idéaux de justice et d'équité mis à mal dans notre pays.
8/ Dans cette perspective, la direction du parti socialiste doit montrer l'exemple et être une force d'avant-garde, ouverte et respectueuse, démocratique et juste, fidèle au vote des militants et fraternelle.
Jean-Pierre Tolochard.
1/L'unité du parti est de la responsabilité de l'équipe dirigeante qui a confisqué l'appareil du PS à son seul profit et pour le bénéfice d'arrières-gardes antagonistes usées jusqu'à la ficelle.
2/La motion E est majoritaire à la proportionnelle des courants, homogène et représente à elle seule la moitié au moins des adhérents du PS, ce qui en fait de facto la première force du parti socialiste.
3/Mettre de côté la moitié du PS en l'écartant de la direction dans des simulacres de discussion sur une plateforme indigente est inadmissible et dangereux et empêche le PS de procéder à des évolutions tout à fait indispensables.
4/Nous disons que quand la règle est mauvaise, il faut la changer! C'est le contraire qui se produit : Le rafistolage circonstanciel d'écuries moribondes décidées à vérouiller leur pouvoir autour d'un appareil épuisé.
5/ Ce dont il s'agit aujourd'hui, c'est d'ouvrir le PS aux forces du renouveau en son sein et à la société française dans toutes ses composantes, partis, associations, intellectuels, lieux d'expertise et d'échanges citoyens.
6/ L'aveuglement politique de cette direction à la vision étroite, auto-centrée et agressive est le signe d'une faiblesse frileuse et inquiétante qui réduit le parti socialiste à son expression la plus archaïque, le condamne à la division des vaincus d'hier, peu soucieux de la démocratie dans ce parti comme il l'ont prouvé dans le passé récent.
7/ Nous ne (nous) laisserons pas faire. L'histoire est en marche aussi dans ce vieux parti, nous le ferons avancer en écartant les murs et en poussant cet attelage fatigué avec les forces qui ne manquent pas à l'extérieur, des altermondialistes au républicains sociaux qui voudront converger et nous rejoindre pour faire gagner les idéaux de justice et d'équité mis à mal dans notre pays.
8/ Dans cette perspective, la direction du parti socialiste doit montrer l'exemple et être une force d'avant-garde, ouverte et respectueuse, démocratique et juste, fidèle au vote des militants et fraternelle.
Jean-Pierre Tolochard.
23.11.08
Les bons comptes font les bons camarades
25 + 25 + 22 = 50, 02 – 12 voix ici, 20 là, 6 ailleurs, 4 encore, 13 ailleurs, et d'autres en moins pour nous certainement, mais des procurations acceptées et pourtant interdites, des votes déclarés nuls contre toute règle, des votants en règle non intégrés sur les listes, des empêchements à recompter pour certains d’entre nous, des résultats qui sont soigneusement tenus au frais en attendant la fin de la partie...
Voilà l’arithmétique suicidaire des revenants divisés pour empêcher une victoire démocratique de la première force unie du PS.
Nous ne nous laisserons faire ni aujourd’hui ni demain.
Et nous gagnerons aujourd’hui ou demain.
Courage, restons unis mes amis, pour en finir avec ces méthodes moribondes, cette haine insensée, ce verrouillage des apparatchiks, la bartolonisation rampante qui disqualifie notre parti, soyons sereins et déterminés et nous gagnerons .
Voilà l’arithmétique suicidaire des revenants divisés pour empêcher une victoire démocratique de la première force unie du PS.
Nous ne nous laisserons faire ni aujourd’hui ni demain.
Et nous gagnerons aujourd’hui ou demain.
Courage, restons unis mes amis, pour en finir avec ces méthodes moribondes, cette haine insensée, ce verrouillage des apparatchiks, la bartolonisation rampante qui disqualifie notre parti, soyons sereins et déterminés et nous gagnerons .
16.11.08
Oui, elle le peut
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lu dans Marianne
Après une nuit pour rien, le PS en est toujours au même point. Ségolène Royal, plus en forme que jamais, commence à tirer son épingle du jeu. Dans son dernier discours, elle cherche à se rallier les déboussolés de la motion Delanoë et en appelle… aux Français. A tous les Français. On le sait déjà, à l'issue de la bataille, il n'en restera qu'un(e). Et si c'était Ségolène?
Ségolène Royal clôture ce long week-end de divorces en faisant un appel du pied sans ambiguïté au déçus de la motion A : les électrons libre de la motion de Delanoë, qui n’a pas présenté de candidat contre Ségolène Royal, et qui cette nuit n’a pas réussi non plus à faire de synthèse avec les deux autres, celle de Martine Aubry et de Benoît Hamon. « Nous avons besoin de toi Bertrand, et de tes amis, et nous aurons à cœur de rassembler tous les talents des autres motions, nous aurons aussi besoin de toi François. », a-t-elle lancé.
Toujours sur la même ligne, toujours avec le même mot, « Rassembler » , qui est revenu dans le discours de ce matin au moins à six reprises, Ségolène Royal s’adresse non pas seulement aux représentants de fédérations, qui sont devant elle, mais depuis le début, aux militants directement. Et dans ce dernier discours du Congrès de Reims, elle se sent déjà Premier secrétaire du parti socialiste lorsqu'elle en appelle à la France toute entière:
« J’appelle tous les français. C’est pour rassembler tous les socialistes que je me bats ». Pour ceux qui ne voulaient pas d’un présidentiable à la tête du parti, c’est râpé !
Ségolène Royal clôture ce long week-end de divorces en faisant un appel du pied sans ambiguïté au déçus de la motion A : les électrons libre de la motion de Delanoë, qui n’a pas présenté de candidat contre Ségolène Royal, et qui cette nuit n’a pas réussi non plus à faire de synthèse avec les deux autres, celle de Martine Aubry et de Benoît Hamon. « Nous avons besoin de toi Bertrand, et de tes amis, et nous aurons à cœur de rassembler tous les talents des autres motions, nous aurons aussi besoin de toi François. », a-t-elle lancé.
Toujours sur la même ligne, toujours avec le même mot, « Rassembler » , qui est revenu dans le discours de ce matin au moins à six reprises, Ségolène Royal s’adresse non pas seulement aux représentants de fédérations, qui sont devant elle, mais depuis le début, aux militants directement. Et dans ce dernier discours du Congrès de Reims, elle se sent déjà Premier secrétaire du parti socialiste lorsqu'elle en appelle à la France toute entière:
« J’appelle tous les français. C’est pour rassembler tous les socialistes que je me bats ». Pour ceux qui ne voulaient pas d’un présidentiable à la tête du parti, c’est râpé !
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