2.5.08

INVITATION : Lundi 05 mai 2008 à 19h

INVITATION

L'avenir de la gauche appartient à toutes et à tous !

Les Socialistes de Désirs d' Avenir 37

Vous invitent cordialement au lancement de la consultation participative :


COMMENT LE CONGRES DU PS
PEUT-IL ETRE UTILE AUX FRANÇAIS ?


Lundi 05 mai 2008 à 19h

salle Anatole France de la Mairie de Tours

en présence de Jean-Louis Bianco

Député de la Première circonscription des Alpes-de-Haute-Provence,

coauteur du projet de consultation de Ségolène Royal



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Nous comptons sur vous !

24.2.08

S'opposer et construire. S.Royal sur France 2.

Texte fondateur de "Cités d'Avenir" : CITE D’AVENIRS : POURQUOI ? COMMENT ?

Durant la campagne présidentielle, nous nous sommes mobilisés aux côtés de Ségolène Royal car nous nous sommes reconnus dans sa proposition politique, dans sa manière de parler des quartiers populaires et de s’adresser à nous : avec respect, avec conviction et sans démagogie.

De très nombreuses associations ont travaillé pour faire inscrire les jeunes et les moins jeunes sur les listes électorales. Dans nos quartiers, l’abstention a chuté et nous avons massivement apporté nos voix à notre candidate.

Nous avions alors lancé « L’Appel des quartiers » pour soutenir sa candidature : des centaines d’associations ont répondu présentes et ce fut, en France, une première.

Après l’élection de Nicolas Sarkozy, la déception et la frustration ont été grandes mais nous avons décidé de continuer le combat collectif que nous avions commencé.

Pour la République du respect et l’égalité républicaine, tout reste à faire.

Pour nous, seule Ségolène Royal propose aux habitants des quartiers de sortir des cases convenues et d’exercer pleinement leurs responsabilités de citoyens.

Nous voulons peser sur les décisions qui nous concernent et sur l’avenir du pays.

Nous refusons l’assistanat : nous voulons créer les conditions qui permettront à chacun, à chacune de prendre sa vie en mains, à égalité de droits et de devoirs avec tous.

La politique de la France ne se fera plus sans nous, c’est notre premier message.

Nous disons NON à l’assimilation de nos quartiers à la délinquance et aux incivilités.

NON à la violence d’une société verrouillée.

NON à la discrimination, à la stigmatisation, à la pauvreté et à la précarité.

Nous voulons redonner à la démocratie vitalité, intérêt et efficacité.

Nous n’acceptons plus qu’on limite notre parole à de simples « témoignages » : nous voulons proposer et construire.

Aujourd’hui, nous voulons nous rassembler pour être auteurs et acteurs d’une harmonie retrouvée dans nos quartiers et dans le pays.

Nous ne voulons plus que les projets de rénovation de nos quartiers se décident sans nous ou avec des simulacres de participation et que certains maires les utilisent pour chasser les populations les plus en difficulté.

Nous ne voulons plus de démolitions sans constructions préalables avec un cadre contraignant pour le relogement des familles et sans dérive des loyers et des charges. C’est possible comme le montre ce qui a été fait à La Paillade.

Nous voulons que les moyens de la prévention soient sérieusement réévalués et que, du soutien scolaire à l’accès à la formation et à l’emploi, l’accompagnement individualisé et l’obligation de résultats deviennent la règle.

Nous ne voulons pas de démonstrations médiatico-policières provocantes et souvent contre-performantes mais une police de quartier dotée des moyens dont elle a besoin, au service de la population, respectueuse des habitants et garante d’un ordre juste.

Nous ne voulons plus que nos associations galèrent faute de financements stables, de statut du militant associatif et d’évaluation objective de leur utilité sociale.

Nous sommes bien placés pour constater chaque jour les ravages de la pauvreté et de la précarité, la détresse des familles et des personnes âgées qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, celle des femmes qui élèvent seules leurs enfants avec le maigre salaire d’un travail à temps partiel, le manque de logements sociaux accessibles, la justice à deux vitesses et ce désespoir des plus jeunes dont l’avenir, comme le disent les rappeurs d’I Am, se limite « à la minute d’après le but ».

Luxe insolent des uns, difficultés croissantes du plus grand nombre, fascination pour l’argent facile venue du sommet de l’Etat, autorité parentale sapée par la précarité : elles sont là les causes premières de cette perte de repères dont on nous rebat les oreilles.

Quand le bien commun n’est pas au rendez-vous,

quand les services publics se retirent ou peinent à remplir leur mission,

quand le modèle proposé par la société est celui de la lutte de tous contre tous et de la loi du plus fort,

quand réussir à l’école ne garantit plus un emploi car on n’a pas le bon nom, pas la bonne adresse, pas la bonne couleur,

quand on nous bassine avec l’intégration alors que nous sommes Français et que la République ne tient pas sa promesse d’égalité, alors le doute s’insinue sur ces « double faces » qui nous font la leçon tout en attisant les braises qui couvent toujours dans nos quartiers et qui encouragent la fausse solution du chacun pour soi.

Mais nos quartiers, c’est autre chose que ce qu’ils en disent et cela, Ségolène Royal l’a compris.

Ce sont aussi des solidarités très fortes, une mémoire qui est partie intégrante de l’histoire de France, beaucoup de jeunes qui veulent s’en sortir,beaucoup de parents qui assurent, une vraie richesse humaine et surtout, surtout, l’espoir d’un vrai changement et d’une dignité enfin reconnue.

L’énergie des quartiers est apparue au grand jour pendant la campagne présidentielle.

Beaucoup d’entre nous sont aujourd’hui activement impliqués dans la campagne des municipales et les listes de gauche se sont entr’ouvertes à des candidatures issues des quartiers populaires.

Un grand espoir s’est levé que nous allons travailler à consolider pour construire une alternative crédible aux annonces sans moyens qui, une fois encore, tiennent lieu de politique au gouvernement et nous prennent pour des gogos.

La France a changé. Notre pays est riche de sa diversité : nous voulons qu’il en soit fier. L’avenir ne se fera pas sans nous. Les quartiers populaires, désormais, seront au rendez-vous de toutes les consultations électorales, locales et nationales.

Car, comme le dit Ségolène Royal, ils ne sont pas un problème mais une partie de la solution. Nous avons aimé le message clair et honnête qu’elle nous a adressé. Sa franchise, sa volonté de combattre les inégalités et de mettre les quartiers en mouvement.

Nous ne voulons pas de la victimisation.

Nous voulons former de futurs leaders politiques locaux et nationaux.

Nous voulons être un espace de réflexion, de proposition, d’action qui rompe avec des décennies d’instrumentalisation et de mépris.

Le temps où nous n’étions bons que pour la photo de campagne est révolu.

Nous prenons nos affaires en main et c’est pour cela que nous lançons aujourd’hui Cité d’Avenirs aux côtés de Ségolène Royal.

Parmi nos pistes de travail, voici nos priorités :

- l’emploi : garantir à tout jeune le droit à un premier emploi et accompagner, par des Bourses Tremplin comme celles mises en place en Poitou-Charentes, du micro-crédit et des prêts bancaires accessibles, les créateurs d’activité issus des quartier ;

- tenir la promesse scolaire de la République en nous battant notamment pour la création d’un service public de la petite enfance, la scolarisation obligatoire à 3 ans, la généralisation du soutien scolaire gratuit, le rétablissement des postes supprimés dans l’Education nationale par la droite, le renforcement de la présence adulte dans les établissements, la démocratisation de l’accès à la culture et aux séjours linguistiques ;

- contre la désertification médicale et pour le droit de tous à la santé : Maisons de Santé de proximité, Carte Santé 16-25 ans, contraception gratuite, renforcement de la médecine scolaire et universitaire, défense de l’hôpital public, abolition des franchises médicales ;

- le travail doit payer : généralisation du Revenu de Solidarité Active à tous les RMIstes qui retrouvent un emploi et, tout simplement, des salaires qui permettent de vivre décemment ; travailler tous pour vivre mieux !

- créer des « emplois parents » utiles au voisinage ;

- lutter contre toutes les formes de violences, privées et publiques, pour une justice efficace et impartiale, une police de quartier au service de la tranquillité publique, à l'écoute des besoins des habitants et capable de recadrer les jeunes en apaisant les tensions ; pas de mineurs en prison : des structures adaptées et des sanctions proportionnées ;

- assurer la sécurité-logement avec notamment la construction à hauteur des besoins actuels de logements sociaux équitablement répartis sur tout le territoire et un plafonnement des loyers en contre-partie des avantages fiscaux pour l’investissement locatif, plan de construction de logements pour les étudiants et les jeunes travailleurs ;

- pour la diversité et contre les discriminations : renforcement des moyens de la Halde, publication systématique des noms des entreprises et organismes sanctionnés, accès aux marchés publics subordonnés à la promotion de la diversité ;

- sécurisation des associations qui font un travail utile avec financements pluri-annuels et création d’emplois associatifs ; prise en compte de l'expérience associative dans la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) ;

- développement de la démocratie participative dans les quartiers, pour donner aux habitants un véritable pouvoir de discussion, de délibération et de décision.

Le réveil électoral des quartiers populaires a surpris : ils n’ont pas l’intention de s’endormir pendant 5 ans !

Nous ne sommes pas un problème mais une partie de la solution !

Construisons avec Cité d’Avenirs le porte-voix et le rapport de forces constructif dont nos quartiers ont besoin mais aussi le pays tout entier !

Ségolène Royal sur LCI le 20 février

Ségolène Royal: "Il faut que le gouvernement redevienne sérieux"

PARIS, 21 fév 2008 (AFP) - Ségolène Royal a déclaré jeudi sur France 2 qu'il fallait "que le gouvernement redevienne sérieux", pointant des "dérapages sur tous les sujets", après notamment des propos controversés de la secrétaire d'Etat Rama Yade ou de la directrice de cabinet du président Emmanuelle Mignon.

"Il faut que le gouvernement redevienne sérieux, on voit aujourd'hui des dérapages sur tous les sujets", a déclaré l'ancienne candidate PS à la présidentielle. Les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy sur les sectes et l'église de scientologie "sont totalement irresponsables" et "il suffit d'écouter les victimes des sectes pour voir comment fonctionnent les sectes", a déclaré Mme Royal.

"Quelle est la légitimité de ces propos?" a-t-elle demandé. "On ne sait plus qui gouverne, est-ce que ce sont les conseillers de l'ombre, les ministres ? C'est au Premier ministre de s'exprimer sur cette question", a-t-elle ajouté.

"Il faut en revenir aux choses sérieuses, il est temps que l'ordre républicain revienne", s'est-elle indignée. La présidente de la région Poitou-Charente a également fustigé les accusations de racisme portées par la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme contre la gauche qui sont "totalement déplacées, diffamatoires".

Elle a, comme d'autres dirigeants de gauche, demandé "des suites judiciaires", à moins "qu'elle s'excuse". Interrogée sur la candidature aux cantonales du fils du président de la République Jean Sarkozy, elle s'est gardée de vouloir "en rajouter". "Le feuilleton familial commence à fatiguer les Français et je ne voudrai pas en rajouter, Neuilly n'est pas le centre de la France", a-t-elle dit.

12.2.08

Neuilly: "une péripétie qui ne doit pas occulter le reste" estime Ségolène Royal


PARIS (AFP) — Le psychodrame électoral de Neuilly-sur-Seine est "une péripétie qui ne doit pas occulter le reste", a déclaré la socialiste Ségolène Royal mardi sur RMC et BFM-TV en déplorant une "espèce de feuilleton permanent et désolant".


Dans une interview au Parisien publiée le même jour, l'ex-candidate à la présidentielle estime que Nicolas Sarkozy est "en pleine dérive monarchique en désignant qui est son successeur ou qui ne l'est pas, à quel moment on l'installe et à quel moment on le retire".

"Cette péripétie ridicule offre un spectacle affligeant de la morale politique", ajoute-t-elle à propos de la situation à Neuilly-sur-Seine où le porte-parole de l'Elysée David Martinon, parachuté par Nicolas Sarkozy, a été évincé par le propre fils du chef de l'Etat, Jean Sarkozy.

Quant à la baisse du président de la République dans les sondages, Mme Royal a estimé sur RMC et BFM-TV qu'elle était due au fait que "les résultats ne sont pas là par rapport à la masse de promesses qui ont été faites". Elle évoque également l'étalage de sa vie privée dans la presse.

"Etre chef de l'Etat, c'est ne plus être un homme ou une femme comme les autres, c'est représenter un Etat, une nation, un pays. Donc on attend de la tenue, de la distance, une certaine allure".

Interrogée sur le fait de savoir si Nicolas Sarkozy porte atteinte à la fonction de président de la République, elle a répondu : "Je le crois. Je ne suis pas la seule à le penser, tout le monde le dit, tout le monde le pense et comme il y en a encore pour quatre ans, j'espère pour le pays qu'il va se ressaisir".

L'attitude de Nicolas Sarkozy porte atteinte à la fonction présidentielle, selon Ségolène Royal

AP 12.02.2008 09:50

Ségolène Royal a déploré mardi que l'attitude de Nicolas Sarkozy porte atteinte à la fonction de président de la République et a souhaité qu'il se "ressaisisse".

"Nous nous faisons une image, à juste titre, du rôle du chef de l'Etat: ce n'est plus être un homme ou une femme comme les autres (...) on attend de la tenue, de la distance, une certaine allure", a-t-elle commenté sur RMC-Info/BFM-TV.

A la question de savoir si Nicolas Sarkozy porte atteinte à la fonction, Ségolène Royal a répondu: "je le crois, je ne suis pas la seule à le penser. Tout le monde le dit, le pense". "Comme il y en a encore pour quatre ans, j'espère pour le pays qu'il va se ressaisir."

"Nous sommes inquiets de ce qui se passe dans le pays, quand un chef d'Etat fait perdre ainsi un certain prestige à notre pays, c'est aussi des dégâts économiques", a avancé l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. "Quand un pays est bien représenté, dignement, qu'il pèse sur la place européenne et internationale, ce sont aussi des mouvements économiques qui s'enchaînent. C'est porteur de valeurs, l'attitude personnelle et institutionnelle."

Quant aux rebondissements concernant les municipales de Neuilly-sur-Seine, la présidente de la région Poitou-Charentes a prévenu qu'"il ne faut pas qu'un espèce de feuilleton permanent et désolant occulte ce qui se dégrade en profondeur dans le pays", citant l'accès à la santé ou la précarité au travail.

"L'échéance des élections municipales est très importante: pour résister à ce délitement du modèle social, il y a en première ligne des élus socialistes", a souligné Ségolène Royal. AP

10.2.08

Tribune de Ségolène Royal dans Le Monde

C'est un verdict sévère qui vient d'être rendu sur les huit premiers mois de la présidence Sarkozy : en janvier, le moral des ménages a atteint un minimum historique. Stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics, absence de perspectives pour les jeunes, dont le pessimisme est plus fort que partout ailleurs : l'inquiétude est vive.

Malgré les promesses inconsidérées, nous savions bien que tous les problèmes ne seraient pas résolus en un an. Mais nous étions au moins en droit d'attendre que la situation ne s'aggrave pas. Aujourd'hui, règne la brutalité d'un système où l'argent fou fait la loi, où les valeurs humaines reculent chaque jour un peu plus, où le plus grand nombre paient pour des puissants dont l'impunité est proportionnelle à l'irresponsabilité.

Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte. Tout était possible, hier ; mais trop de temps et de fonds publics ont été gaspillés. L'urgence du pouvoir d'achat n'a pas été traitée, l'avenir n'a pas été préparé, la désinvolture publique a tenu lieu de morale politique.

Chacun a compris que le "paquet fiscal" n'avait pas fait frémir d'un dixième la croissance. Pourtant, avec 15 milliards d'euros dépensés chaque année, le budget des universités et des centres de recherche aurait pu être durablement multiplié par deux. La prime pour l'emploi aurait pu être également doublée, donnant à plus de huit millions de salariés français l'équivalent d'un treizième mois. Et avec 15 milliards d'euros, il y avait encore de quoi amorcer notre désendettement.

Quant aux réformes engagées, universités, retraites, marché du travail, elles sont toujours partielles, souvent injustes et à l'effet aléatoire. La réforme du marché du travail, par exemple, consacre la fusion entre ANPE et Unedic : pourquoi pas ? Mais les moyens en faveur d'un service public de l'emploi efficace et d'une véritable sécurité sociale professionnelle ne sont pas engagés.
Pour remplir les caisses qu'il a contribué à vider, Nicolas Sarkozy est devenu "monsieur taxes".

Taxe sur la santé avec les franchises médicales, hausse du rendement de la TIPP et de la TVA, création d'un impôt sur les séjours hôteliers, taxation de la publicité, retour en clair-obscur de la TVA sociale : le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un bouclier fiscal qui a notamment rapporté 350 millions d'euros à 16 000 contribuables privilégiés.
Il est donc plus que temps de remettre de l'ordre et de s'attaquer aux vrais problèmes.

Aujourd'hui, ce n'est pas la quantité de travail des actifs occupés qui fait défaut en France, c'est le chômage des moins de 25 ans et celui des plus de 55 ans qui posent problème ; ce ne sont ni la durée ni le coût du travail qui pèsent sur la compétitivité et entraînent 40 milliards d'euros de déficit de la balance extérieure, mais les investissements en innovation des PME qui manquent.

L'époque des "trente glorieuses", marquée par la rigidité des entreprises et des marchés, est révolue. Innovation, concurrence et mobilité sont désormais la loi de l'époque, pour le meilleur ou pour le pire, selon ce que l'on en fera. Il ne s'agit pas simplement de nous adapter à cette nouvelle donne ! Il faut en être les pionniers vigoureux : le politique est là pour faire en sorte que chacun change, entrepreneurs comme salariés.

Or, c'est toujours aux mêmes qu'il est demandé de faire des efforts. Il y a les gagnants de la mondialisation, qui ont le pouvoir de s'inventer un futur. Il y a ceux qui rêvent au futur qu'ils pourraient avoir si on leur donnait leur chance. Et enfin, il y a ceux qui ne peuvent même plus rêver, parce qu'ils sont tenaillés par les soucis quotidiens.

Notre économie n'acceptera la mondialisation que si on donne à chacun la possibilité d'en être un acteur. Le creusement des inégalités ne fera que tirer la croissance vers le bas. Et si rien n'est fait pour construire la confiance, les injustices criantes déboucheront sur une violence ouverte. Il y a donc trois urgences pour répondre à ces défis et stopper la dangereuse spirale descendante.

La première, c'est réformer l'Etat. Pour transformer les nouveaux risques en forces d'émancipation, la puissance publique elle-même doit changer. D'un Etat qui s'efforce de corriger les inégalités, il faut passer à un Etat qui les attaque à la racine, un Etat qui encourage chaque talent à se développer et à innover par l'accompagnement personnalisé. C'est vrai pour l'école, c'est vrai pour les services publics en général.

La seconde, c'est faire de la sécurité professionnelle et de la hausse du pouvoir d'achat deux réalités indissociables. Il faut pour cela s'occuper des salariés avant la perte d'emploi et non après, quand dans bien des cas il est déjà trop tard. Nous devons mettre fin à l'éclatement des fonds de la formation professionnelle et les réunir dans un nouveau service public de l'emploi, comme réussissent déjà à le faire certaines régions. La formation et la mobilité professionnelle doivent offrir de vraies perspectives de carrière et des hausses de salaires.

La troisième urgence concerne l'université et la recherche. La loi d'autonomie ne résoudra rien tant que la question des moyens n'aura pas été résolue et que les universités ne seront pas soumises à évaluation. Notre enseignement supérieur est handicapé par le gouffre qui existe entre grandes écoles et universités : il est temps de créer des passerelles, généraliser les laboratoires conjoints et des diplômes communs. Il faut aussi revaloriser le métier de chercheur, créer une vraie complémentarité entre enseignement et recherche, faire du doctorat un passage obligé pour les étudiants prometteurs.

Aujourd'hui, l'alignement par le bas et la réduction des salaires tiennent lieu de politique économique. Mais cette spirale est dangereuse. La France doit s'engager sur une autre trajectoire, mobiliser sa créativité et transformer les risques de la mondialisation en potentiel de croissance. Si la dégradation continue, c'est la récession qui menace. Et parce que nous refusons cette triste perspective pour notre pays, je dis à Nicolas Sarkozy : il est encore temps.